Cotation des risques DUERP : méthode, grille 4×4 et exemples
Mis à jour le 28 octobre 2026 · lecture 4 min · Code du travail en vigueur
La cotation des risques consiste à attribuer une note à chaque risque identifié dans le DUERP, le plus souvent en multipliant sa gravité par sa fréquence. Sur une grille 4×4, le score va de 1 à 16 et permet de classer les risques par priorité. Le Code du travail n'impose aucune méthode : il exige une évaluation sérieuse, transcrite et suivie d'actions.
Pourquoi coter les risques ?
L'employeur doit évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs (L4121-3) et transcrire les résultats dans le document unique (R4121-1). La cotation n'est pas un article de loi en soi. C'est un outil pour passer de la liste des dangers à des décisions.
Elle sert à trois choses :
- hiérarchiser : traiter d'abord ce qui peut causer les dommages les plus graves ou les plus fréquents ;
- justifier vos choix d'actions en cas de contrôle ou d'accident ;
- mesurer les progrès d'une mise à jour à l'autre, en comparant les scores avant et après les mesures.
La méthode gravité × fréquence
La méthode la plus répandue croise deux critères, chacun noté de 1 à 4.
La gravité
La gravité mesure la conséquence la plus probable d'un accident ou d'une exposition.
| Note | Gravité | Exemple de dommage |
|---|---|---|
| 1 | Faible | Petite gêne, soin sur place sans arrêt |
| 2 | Moyenne | Blessure avec arrêt de travail court |
| 3 | Grave | Arrêt long, maladie professionnelle |
| 4 | Très grave | Incapacité permanente ou décès |
La fréquence
La fréquence mesure la fréquence d'exposition au danger, ou la probabilité qu'il se réalise.
| Note | Fréquence | Repère |
|---|---|---|
| 1 | Rare | Quelques fois par an |
| 2 | Occasionnelle | Quelques fois par mois |
| 3 | Fréquente | Plusieurs fois par semaine |
| 4 | Très fréquente | Tous les jours ou en continu |
Le score et les niveaux de priorité
Le score de risque brut est le produit des deux notes : gravité × fréquence. Il va donc de 1 à 16. On regroupe ensuite les scores en niveaux.
| Score | Niveau | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| 1 à 3 | Faible | Surveiller, maintenir les mesures existantes |
| 4 à 6 | Modéré | Améliorer à moyen terme |
| 8 à 9 | Élevé | Agir rapidement, avec une échéance courte |
| 12 à 16 | Prioritaire | Agir immédiatement |
Ces seuils sont des conventions. Vous pouvez les ajuster, à condition de les appliquer de la même façon à tous les postes.
Exemples chiffrés de cotation
Voici trois exemples types pour une TPE.
Chute de plain-pied en cuisine (sol mouillé, passages fréquents). Gravité 2 : entorse ou fracture légère avec arrêt. Fréquence 4 : exposition quotidienne. Score : 2 × 4 = 8, niveau élevé. Voir notre fiche sur le risque de chute.
Manutention de cartons en commerce (réception des livraisons). Gravité 3 : lombalgie, troubles musculosquelettiques. Fréquence 3 : plusieurs livraisons par semaine. Score : 3 × 3 = 9, niveau élevé. Le guide sur la manutention et les TMS détaille les mesures possibles.
Travail sur écran au bureau (fatigue visuelle, posture). Gravité 1 : gêne sans arrêt. Fréquence 4 : tous les jours. Score : 1 × 4 = 4, niveau modéré.
On voit qu'un risque peu grave mais permanent peut obtenir un score proche d'un risque plus grave mais ponctuel. C'est l'intérêt, et la limite, de la multiplication.
Risque brut et risque résiduel
Il est utile de coter deux fois :
- le risque brut, sans tenir compte des mesures en place ;
- le risque résiduel, après les mesures existantes (tapis antidérapant, chariot, formation).
L'écart entre les deux montre l'efficacité de vos mesures. Certaines méthodes ajoutent un troisième critère, le niveau de maîtrise, qui vient pondérer le score. Pour une TPE, deux critères et une colonne « mesures existantes » suffisent le plus souvent.
Les limites de la méthode
La cotation reste une estimation. Gardez en tête quelques limites.
- La subjectivité. Deux personnes peuvent noter différemment le même risque. Cotez à plusieurs, avec les salariés concernés, et notez vos repères par écrit.
- L'écrasement des risques graves. Un risque très grave mais rare (4 × 1 = 4) sort en « modéré ». Une bonne pratique consiste à traiter en priorité tout risque de gravité 4, quel que soit son score.
- Les risques difficiles à mesurer. Les risques psychosociaux, le bruit ou les produits chimiques se prêtent mal à une note de fréquence simple. Décrivez la situation en plus du chiffre.
- Le faux sentiment de précision. Un score de 9 n'est pas « plus vrai » qu'un 8. Il sert à trier, pas à mesurer.
Enfin, la cotation ne remplace pas les principes généraux de prévention (L4121-2) : supprimer le danger quand c'est possible, le réduire à la source, privilégier la protection collective sur la protection individuelle.
De la cotation au plan d'actions
Une fois les risques cotés, chaque risque élevé ou prioritaire doit déboucher sur une action concrète, avec un responsable et une échéance. C'est l'objet du plan d'actions du DUERP. La cotation est à revoir lors de chaque mise à jour du document, au moins chaque année à partir de 11 salariés, et dans tous les cas lors d'un aménagement important ou d'une information nouvelle sur un risque (R4121-2).
Pour voir à quoi ressemble une cotation complète, consultez notre exemple de DUERP. Si vous préférez être guidé, le générateur de duerp-tpe.fr propose une grille de cotation déjà paramétrée par métier : vous pouvez créer votre DUERP en ligne.
Questions fréquentes
Le Code du travail impose-t-il une grille de cotation ?
Non. Aucun article n'impose de méthode ni d'échelle. L'employeur doit évaluer les risques et transcrire les résultats dans le document unique (L4121-3, R4121-1). La grille gravité × fréquence est une pratique courante, pas une obligation.
Faut-il une grille 4×4 ou 3×3 ?
Les deux fonctionnent. La grille 4×4 évite la note « du milieu » qui pousse à tout coter moyen. La grille 3×3 est plus simple pour les très petites équipes. L'essentiel est d'utiliser la même grille pour tous les postes et de garder vos critères par écrit.
Qui doit faire la cotation ?
L'employeur en est responsable. Il est recommandé d'associer les salariés qui occupent les postes : ils connaissent les situations réelles. Le CSE, s'il existe, apporte sa contribution à l'analyse des risques (L4121-3).
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